DD - Les Arbres

  - > Quand on a le temps, on s'intéresse à certaines choses qui prennent aussi leurs temps.

Les Arbres sont les êtres vivants qui ont le rythme de vie le plus lent sur cette terre.

Et de part ce fait, on les mets que trop souvent à part et ne les considérons pas à leurs juste valeur.

Cet article s'inspire grandement du livre 'La vie secrète des arbres' de Peter Wohlleben. Un livre de chevet que l'on m'a conseillé, je ne peux qu'en faire de même pour vous. Je ne vais donc pas tout raconter, mais y synthétiser mon ressenti.

Photos 10 arbres remarquables qui peuplent nos contrees

?Les Êtres :
Les arbres sont des êtres vivants tout comme nous. Ils ont une famille, s'entre aident lorsqu'ils sont malades, mangent, dorment, et même communiquent..

En voici quelques explications:

L'arbre se compose dun tronc, de racines, de branches et de feuilles, jusque là rien de transcendannnnt. Pour vivre, il a besoin de nutriments dans le sol, d'eau et de lumière comme source d'énegie.

Les nutriments, il les captent en partie grâce à ses racines dans le sol. Et pour cela il a besoin de surface. Les racines en sous sol sont égales à deux fois l'envergure terrestre, premier constat! Regardez l'envergure d'un arbre, et imaginez le double de surface sous vos pieds. Oups pardon monseigneur, je vous marche dessus.

Vous allez me dire, dans une forêt, les racines des uns et des autres s'entrecroisent donc! VRAI, et cela n'est pas un hasard, en effet des connexions sont établies entre chaque individus, fournissant un vrai réseau internet. Deuxième constat!

Grâce à cela, si un individu est en manque d'énergie pour quelconques raisons, ces voisins peuvent lui venir en aide. Pour aller plus loin, chaque arbre est également connecté avec des champignons, avec qui il passe un pacte. Ces derniers possédants d'innombrables racines (1 cuillère à café contient des km de filaments), ils font le lien entres chaque individus et fournissent le complément de minéraux. Les champignons (au sol) sont donc essentiel pour les forêts.

En contre partie, l'arbre laisse le champignon s'accrocher à ces racines.

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Quoi d'autres, se défendent-ils?

Pas facile de se défendre quand on ne peut bouger (smiley mal à l'aise). Là aussi les arbres ont développé un tas d'astuces.

Exemple: pour les acacias d'Afrique, si une girafe vient à manger les feuilles d'un individu, ce dernier (pour qui c'est trop tard pour réagir) va en informer ses copains, qui vont remplir leurs feuilles d'une substance indigeste. La girafe ne pourras donc plus les manger, et donc les menacer.

Mais comment les a t'ils informés? On en arrive au Language.

Les arbres n'ayant pas d'organes vocaux en tant que tels, ils utilisent d'autres moyens: olfactif (par les airs avec dissimulation de molécules), par le sol (via les racines, ils échanges des signaux électriques à différentes fréquences), et visuel (la forme et position de leurs fleurs indiquent le chemin aux abeilles pour les remercier de les polliniser)

Il paraîtrait même qu'ils s'échangent des ondes sonores dans le sol, études en cours.

Tout cela nous amène à penser que les arbres ont tout autant de sensibilités que nous. Autre exemple: placez vous à chaque extrémité d'un tronc coupé, et grattez d'un côté, l'autre personne entendra distinctement vos ongles, alors que si vous essayez de lui parler elle ne vous entendra pas. Ceci s'explique par la présence de canaux traversant le tronc sur toute sa longueur, qui leurs permets de multiples échanges internes. C'est un peu comme quand on nous tire un poil de fesse, la larme vient, mouhaha.

Passons maintenant à la Reproduction (ah enfin un sujet intéressant).

La saison des amours a lieu 1 an sur 3, autant dire qu'il vaut mieux être prêt à cette fréquence là!! La reproduction se réalise par le pollen et les fleurs/aiguilles. Le pollen dissipé par le vent et les abeilles (qui ont un rôle prédominant dans le maintien de nos forêts) vient se répandre dans les fleurs/aiguilles d'autres individus. Selon les espèces, il en ressort une graine, un gland ou une faîne (un fruit), et là n'est que la première étape!

La germe une fois tombée au sol, doit trouver sa place (lumière, proche des ses parents, endroit stable), doit survivre aux phénomènes naturels et aux nombreux prédateurs tels les sangliers qui en raffolent. Une graine peut rester 5 ans avant de germer. Au final, 1 arbre Parent donnera 1 arbre Enfant sur toute son existence, sachant que les chiffres vont de 1.8 million à 1milliard de germes par individu!! Soit très peu.

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Petit Zoom sur les Conifères et notre bonne Pomme de pin du Sud Ouest:

Elle possède un type de croissance lui permettant de mettre le plus d'écailles dans le moins de place possible, théorème à l'appuis, 1ere chose.

Les écailles s'ouvrent temporairement pour recevoir le pollen, puis se referment pendant la fécondation et la maturation de la graine (Pomme de pin souvent verte et dure à ce moment là). Elles se rouvrent alors encore à la maturité pour permettre à la graine de s'échapper. Et pour conquérir de nouveaux territoires, certaines graines sont équipées d'ailettes (les p'tits hélicoptères quand on est gamin) pour aller plus loin, c'est pas beau ça ?!

Erable une      Cone

Voilà une sorte de Déplacement. A une autre échelle de temps et spatiale, certaines espèces migrent selon les périodes glaciaires, pour éviter les grands froids. C'est notamment le cas de l'érable en Amérique et pourquoi nous retrouvons maintenant des chênes dans nos forêts européennes.

Enfin, il est démontrait que les arbres ont une Mémoire. En effet ils peuvent entre autres compter les jours pour deviner l'arrivée du printemps ou automne. La question non encore élucidée est : où stockent ils cette mémoire?

Exploitation Préservation :

Sous leurs airs de grands costauds, les arbres ont un certains nombres d'ennemis : le vent (tempêtes), le soleil et le feu (brûlures), les insectes, larves, oiseaux (creusent le tronc), eux même (écrasement) et l'un des plus contraignant, nous les humains.

Je vous laisse creuser les autres pour passer un peu plus de temps sur nous. 

Depuis toujours l'homme s'approvisionne en bois pour se chauffer, s'abriter, communiquer. 

Nous connaissons tous la déforestation et conséquences associées, déjà plusieurs fois évoquées ensemble. Un autre principe consite en la culture du bois pour sa production, autrement nommée la sylviculture.

Ce principe, consiste à planter des arbres, les aider à pousser, les couper des que possible, replanter etc.. cette technique vise la production et le rendement comme beaucoup trop de choses dans la société actuelle.

Encore une fois, on veut ALLER TROP VITE, pensons qu'à nos "besoins", et ne regardons pas les conséquences associées. Quelles sont-elles?

Il s'agit souvent de monoculture, avec un espacement d'arbre d'un mètre pour laisser passer le plus de lumière. Entretenue, c'est à dire que l'on coupe les autres plantes autour. Conséquences, aucune biodiversité ne peut venir s'implanter.

Deuxième point, on coupe les arbres considérés comme mâture entre 80 et 120 ans. A savoir qu'un arbre atteint l'âge Adulte vers 120 ans, pour une espérance de vie entre 200 et 400 ans. On ne laisse pas se reproduire les arbres en sylviculture, pour une question de rapidité et de rendement, à tort.

En effet, les forêts sont plus productives si elles poussent de façon serrées et naturel, car les arbres s'entre aident. Le cas échéant, on les forces à devenir solitaire ! C'est un microclimat, si on laisse de l'espace, on ouvre la forêt et exposent les arbres forts à des risques (brûlure, déshydratation, vents..).

On fait donc pousser des forêts exempte de biodiversité, non stable dans le temps, et moins efficace!! On retrouve la même erreur qu'en agriculture et la culture intensive..

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Environnement :

On entend souvent en ce moment, pour faire écolo ou compenser mon empreinte carbone, je vais planter des arbres. Pertinent ou fausse idée? Ha HA !

Un arbre au cours de sa vie absorbe max 20 tonnes de C02. Pour comparaison, c'est 100 000 kms en voiture ou 20 billets d'avion a/r Paris-New York. C'est pas mal !! Mais c'est à l'échelle de temps d'un arbre, et c'est long rappelez-vous. Soit pour à minima 200 ans, nous arrivons donc à 500 kms ou un billet d'avion a/r Paris-Rennes par an.

De plus, les arbres captent le CO2 (par le tronc, les branches et ptet même les racines) la journée, mais en rejettent quand il n'y a plus de lumière pour la photosynthèse, soit la nuit, et lorsqu'ils dorment, soit durant toute la période hivernale.

Ca c'est le premier point, on respire deux minutes, on y retourne.

On aussi vu qu'une "vieille" forêt, avec des arbres adultes, une biodiversité et forte densité, est plus efficace en puit carbone que les jeunes forêts.

Planter des arbres serait donc efficace et pertinent si l'on savait la gestion associée derrière. Aussi, il est démontré qu'une forêt plantée ne sera efficace qu'à la deuxième génération, soit 100 ans après. Et il faut 500 ans pour retrouver l'équilibre parfait, correspondant à l'âge des arbres parents.

Soit, à mon sens, planter des arbres n'est pas la solution première, et cette démarche ne s'avère pertinente que si l'on s'est bien renseigné avant sur la gestion (durable) du site.

Alors quoi faire, avec des gros yeux ? ^^

                                                   L ile de france veut proteger ses arbres remarquables

 ?  Quoi faire:

A l'échelle nationale:

On peut d'après ce que j'en ai compris classer les forêts comme suit:

- vieilles forêts (type Amazonie)

- forêts et parc protégés/classés mais entretenus

- forêts nouvelles pour plantation

- jeunes forêts pour sylviculture

95% des forêts européennes sont en monoculture, gérées avec engins de chantiers.

Les vraie forêts primaires n'existent quasi plus en Europe, il s'agit de forêts plantées monovariété ou protégée mais 'trop' entretenue.

L'idée serait, pour bien faire (et on peut le faire bordel !!) de:

-Classer protégées nos forêts historiques, pour stopper la déforestation

-Maintenir les forêts et parcs nationaux classés, mais de ne pas les entretenir ou très peu (ceci n'empêche pas la rando, bien au contraire). Aussi, laissez mourrir un arbre dans une forêt durable est plus efficace en émissions de CO2 que de le brûler en cheminée. Le bois mort est essentiel pour la biodiversité. Selon une étude, près de 6000 espèces directement ou indirectement sont dépendantes de cet habitat naturel (soit 1/5 de la faune flore existante). Il faut savoir au passage que nos forêts abritent un nombre considérable d'espèces, non forcément visible pour l'homme. Une poignée de terre forestière contient par ex plus d'organismes vivants que d'habitant sur terre.

-Planter des forêts pour demain, mais de manière durable. On appelle cela la Futaie jardinée: 

« La futaie jardinée est une pratique ancienne fondée sur des coupes légères et fréquentes. Respectueuse des processus naturels, elle assure la stabilité et la permanence de la forêt» 

≥ En gros, c'est un peu la permaculture de la sylviculture.

-Maintenir les forêts de 'production', mais de manière raisonnée, avec des coupes séquencées, plus long à court terme mais plus efficient à long terme. Comme toujours..

Quelques initiatives porteuses:

≥ L'allemangne commence à laissé "vivre" 2% de ses forêts pour redevenir primaire pour demain.

Les forêts y sont reconnues au delà du simple prix du bois et papier, comme portecteur naturel et lieu de détente.

≥ La Suisse, quant à elle, traite sa faune et flore comme Etre vivants, et protège la majorité de ces forêts. 

A notre échelle citoyenne: HA!

Bé déjà regarder, prendre le temps lors de vos prochaines balades en forêts ou parcs. Ensuite, ?Réduire vos consommations de papiers, flyers, imprimantes, sopalin, lingettes, pq... Choisir du papier labellisé forêt durable type FSC ou PEFC.

?Ne pas cueillir les fleurs à tout bout de champs (avec jeux de mots), ne pas casser les branches, ne pas couper du bois vivant, faire gaffe aux racines, pas forcément pisser dessus (nutritif uniquement pour certaines espèces)

?Limiter la déforestation via votre alimentation (on en a déjà parlé)

?Ne pas croire que vu que c'est du papier labellisé ou recyclabe, on peut en abuser. Non le mieux est de limiter. Réflexes: refuser les tracks (sites touristiques, événements..), au pire le prendre une photo

?Poser un stop pub sur votre boîte aux lettres

?De mon côté, après avoir lu un journal, je le laisse à un endroit visible pour quelqu'un d'autre, au lieu de le jeter

?Au mieux vous interroger sur les espaces verts de vos communes, comment sont ils gérés, signer des pétitions en leurs faveur.

?Enfin, si vous souhaitez planter des arbres, choisissez une bonne asso.

? Conclusion (selon ma propre):

Alors oui, les forêts sont un puit carbone important, elles participent au cycle de l'eau, forment les nuages (et pluies) dans les zones loin des côtes, réduisent l'effet d'albedo, tout cela luttant contre le changement climatique et c'est important. Mais pas que.

Les forêts sont un écosystème présent depuis des lustres, bien avant notre arrivée, et dont l'échelle de temps est bien différente des autres espèces vivantes sur cette terre. Il a été retrouvé récemment un épicéa de dalecarlie vieux de 9 000 ans. A notre espace temps, on ne voit qu'une infine partie de leur évolution. 

Pourtant, les arbres vivent comme nous, et seront là bien après nous, que l'on fasse des conneries ou non d'ailleurs.

On se doit de les considérer comme des êtres à part entière, pas que de la ressource, mais des être vivants que l'on doit protéger, et si exploité, de façon raisonné.

Quels endroits sont ces forêts.. Qui n'a pas déjà passé des histoires d'amour sous les arbres, qui ne se sait pas déjà ressourcé en balade après quelques jours compliqués. Des études montrent que les arbres filtrant certaines particules, l'air en forêt serait "sain", ceci expliquerai pourquoi on s'y sent bien (on serait même capable inconsciemment de capter les messages des arbres).

Ces lieux sont aussi un habitat essentiel pour nombres d'espèces vivantes (animaux, champignons, bactéries, insectes..), jusqu'aux océans (un chercheur japonais a démontré un lien entre des acides de feuilles mortes, ruisselant dans les ruisseaux puis alimentant le plancton, premier maillon de la vie marine).

On a aussi vu l'aspect social, le partage et le sens du sacrifice qu'ont ces êtres, pour lequel on devrait s'inspirer un peu plus.

Ils respirent, se nourrissent, communiquent, dorment, souffrent, évoluent, se déplacent. Alors comme l'expose si bien l'auteur de ce livre, qu'elle différence avec les animaux?

.. le rythme de vie uniquement.

La Nouvelle-Zélande est une aubaine pour observer ces êtres, nombre d'espèces d'arbres y sont présentes de part le climat '4 saison en une journée'. Malgré la déforestation, une grande partie des parcs et forêts sont protégées et gérées. Tous les exemples dont on a parlé, j'ai pu les constater. Un dernier mot:

Prenons le temps, observons, et laissons donc faire la nature..

Bisous, de très bonnes fêtes de fin d'année !! Et on coupe pas un sapin juste pour l'occasion hein.

                                                  Photo darbre remarquable par claire tresse cc by nc

? Réflexes du mois:

Pour Noël, je vous invite à aller sur le site de Ça commence par moi, qui vous donnera quelques réflexes pour des fêtes plus eco-responsables, comme par ex faire un sapin zéro déchets, préférer les cadeaux immatériels, made in France ou de seconde main! Ou encore utiliser du papier cadeaux réutilisable.

https://www.cacommenceparmoi.org

Film du jour:

-Jurassic parc bien entendu

-Le bouquin La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben

 

Commentaires

  • CASASSUS-BUILHE
    • 1. CASASSUS-BUILHE Le 19/08/2019
    Mon Chéri,

    Je continue la lecture dématérialisée pour économiser l'encre et le papier ;-)

    Ton article est super (bis).

    Nous partageons tous les deux "l'amour" des arbres et je replonge en te lisant dans mon enfance à la Réunion : les cabanes en carton en haut du manguier -avec tyrolienne bien-sûr-, les toupies avec les noyaux de letchis, les pique-nique sous les cocotiers... Une enfance que je souhaite à tous les enfants de tes lecteurs/lectrices que ce soit à la Réunion ou ailleurs... Mais avec encore quelques arbres !

    Et puis, pour apporter quelque chose, n'oublions pas les notions d'exotisme et d'endémisme. Chacun est libre de planter ce qu'il/elle veut dans son jardin (à l'exception de Madame Marie-Jeanne si vous n'êtes pas jamaïcain !) mais gare aux pestes végétales ! A titre d'exemple, voici comment est abordée cette problématique chez moi en Pays de la Loire : http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/especes-exotiques-envahissantes-r1716.html

    Enfin, un (très) beau cadeau pour Noël pour tes lecteurs/lectrices ayant touché le cocotier : Les arbres remarquables d'Europe de Jeroen Pater paru en octobre 2006. Et pour ceux qui ne l'auraient pas (encore) touché, voici un lien d'une association les répertoriant : https://www.arbres.org/les-identifier.htm

    Bisous

    Etienne

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